Midday dilemma

8 juin au 16 juillet, 2022

Bradley Ertaskiran a le plaisir de présenter Midday Dilemma, une exposition solo de photographies et de sculptures d’Erin Shirreff.

Les œuvres présentées dans le cadre de cette exposition sont fondées sur des archives visuelles de l’histoire de l’art occidental du XXe siècle, une source que Shirreff a utilisée de manière directe comme indirecte dans la sculpture, la vidéo et la photographie depuis plusieurs années. Shirreff fait usage de ce matériau — des images d’objets destinées à la contemplation — non pas dans une perspective critique ou d’hommage, mais plutôt pour examiner notre expérience de l’observation et l’expressivité particulière des objets présentés en deux dimensions.

Les quatre œuvres murales de l’exposition sont à la fois collage et assemblage sculptural. Shirreff numérise et agrandit des fragments d’images, provenant d’anthologies artistiques publiées il y a des décennies, qui sont ensuite imprimées sur des feuilles d’aluminium, découpées en formes irrégulières, puis disposées de manière informelle dans des cadres profonds et imposants. L’identité des objets originaux demeure floue. Leur matérialité s’en trouve décuplée — l’éclat du bronze non patiné, les imperfections d’une plaque d’acier, le reflet de la lumière sur le lustre de la résine — et ce, même à travers le voile de points en demi-teinte ou de motifs aux couleurs vives de l’impression offset. Les éléments superposés forment des compositions improbables qui, dans leurs cadres vitrines, semblent étrangement sans époque ni contexte. Midday dilemma (2022), qui partage son nom avec l’exposition, apparaît comme un rappel constructiviste autonome, créé à partir de lignes angulaires, de coins ombragés et de planches jaune moutarde. Dans Old friend (2022), une courbe orange s’allonge suggestivement entre des feuilles d’acier inclinées, alors que dans Standing fawn (2021), une structure complexe de bois, de pierre et de laiton s’entend sur plus de deux mètres.

Ces œuvres sont accompagnées de deux sculptures de bronze appartenant à un corpus sur lequel Shirreff travaille depuis 2019. Toutes intitulées Maquette, elles s’inspirent notamment de la documentation sur la sculpture abstraite Mid-Century et de la curiosité de l’artiste pour la réalisation de maquettes et l’expression de la notion d’échelle. Shirreff utilise du carton mousse et de la colle chaude pour improviser des structures tridimensionnelles basées sur des collages de photos anciennes ou des composites numériques, s’efforçant de les traduire de l’écran à l’espace. Ces modèles faits main sont ensuite coulés en bronze par moulage au sable, un processus par lequel les aspérités, les joints et les marques de son studio sont fidèlement reproduits dans le métal, puis recouverts d’une patine d’un noir profond. Les sculptures de Shirreff semblent se déployer et s’éloigner à chaque point de vue, qu’il s’agisse des plans triangulaires scindés de Maquette (A.P. no. 10) (2019) ou de la silhouette exagérée telle une faucille de Maquette (double curve) (2020). De loin, elles dégagent une austérité sculpturale familière, mais en y regardant de plus près, elles se révèlent délicates, des propositions précaires. Elles se révèlent également être des moules, des fantômes d’un original absent — le moulage et la photographie étant des processus identiques à cet égard. Comme c’est souvent le cas dans son travail, les Maquettes de Shirreff pivotent sur les notions d’inconnaissabilité et d’inachèvement, toutes deux inhérentes aux traductions perpétuelles de l’image en objet et inversement.

Conversation entre Erin Shirreff et Mark Lanctôt: Nous sommes heureux de présenter une conversation entre Erin Shirreff et Mark Lanctôt, commissaire au Musée d’art contemporain de Montréal, dans le cadre de Galeries Weekend Montréal. La conversation aura lieu le samedi 18 juin à 13h et sera suivie d’une discussion autour de rafraîchissements. L’évènement est gratuit et ouvert à tous et à toutes. La conversation se déroulera en anglais.

Pour consulter le profil d’Erin Shirreff, cliquez ici.

 

Papier

VIP : 25 août, de 18h à 21h30
Ouverture au public : du 26 au 28 août

Grand Quai du Port de Montréal
200 de la Commune Ouest

Kiosque B05

Bradley Ertaskiran est fière de participer à la foire d’art contemporain Papier du 26 au 28 août avec des oeuvres nouvelles et récentes de David Armstrong Six, Mathieu Beauséjour, MMD x CPS, Kim Dorland, Jessica Eaton, Luce Meunier, Aude Moreau, Shaan Syed, et Janet Werner.

Karen Kraven présentera Hold, une installation inédite soutenue par le partenariat de l’AGAC avec La Maison Simons. Nous sommes également heureux de soutenir le projet spécial de l’artiste émergeant Dexter Barker-Glenn créé pour la foire.

 

Pour consulter le site web de Papier, veuillez cliquer ici.

The Armory Show

Veronika Pausova

9 – 11 septembre 2022
Javits Center, New York
Kiosque P8

Bradley Ertaskiran est ravi de participer à The Armory Show, New York, du 9 au 11 septembre 2022, avec une présentation solo de nouvelles œuvres de Veronika Pausova.

Les tableaux à l’huile captivants de Veronika Pausova sont des assemblages théâtraux joués par des personnages inattendus : des mouches et araignées laquées, des papillons de nuit poudreux, des fleurs tombantes, des orteils, doigts et oreilles désincarnés. Humoristiques et captivants, les acteurs uniques qui peuplent ses tableaux sont tous rendus avec un talent et une exactitude exceptionnels. L’artiste combine sa précision hyperréaliste avec une application expérimentale de la peinture, dont l’imbibition de la toile avec des éponges et des tissus imprégnés de pigment.

Pour consulter le site de The Armory Show, cliquez ici.

Pour consulter le profil d’artiste de Veronika Pausova, cliquez ici.

Presse: Jacoba Urist, « Which Artists to Watch in Cultured ‘s Armory Show Market Report, » Cultured, September 14, 2022.

Laps

28 avril – 28 mai 2022

Bradley Ertaskiran se réjouit de présenter Laps, une exposition duo réunissant Gabriele Beveridge et Carlos Reyes. 

Lorsque l’on s’attarde à la façon dont les œuvres de Beveridge et Reyes échangent, respirent et se meuvent ensemble, quelque chose d’indicible s’en émane, un sentiment, une attirance, une sensation, une charge énergétique circulant d’une œuvre à une autre. Dans Laps, cette énergie qui circule est abondante et palpable, dès les débuts du processus de création — dans la méthode active de soufflage du verre de Beveridge, jusqu’à la fin de vie d’un objet, dans l’utilisation que fait Reyes de matériaux trouvés, épuisés par les interactions humaines. Les œuvres présentées arborent les traces du mouvement, de l’électricité et du temps, démontrant comment l’énergie humaine et mécanique peuvent activement transformer le verre, le métal et le tissu en quelque chose de nouveau, ou les désincarner entièrement de manière passive.

Beveridge combine les matériaux et les formes organiques d’une façon qui rappelle le rythme et la tension des corps en mouvement : des respirations cycliques nécessaires à la création de ses œuvres en verre soufflé, aux gestes répétitifs de traction et d’assemblage pour façonner ses sculptures en cheveux synthétiques. Dans son installation Lattice (2022), des orbes de verre soufflé à la main sont suspendus dans un équilibre précaire sur une grille de crochets, leurs formes souples et organiques s’adoucissant contre les appendices métalliques discordants, évoquant une sensibilité exacerbée​; le verre rose alléchant nous invite à nous rapprocher, mais nous retenons notre souffle comme si la moindre expiration, le moindre mouvement pouvait l’altérer à jamais. À travers la série Orbit, des cheveux synthétiques sont tendus sur un disque fuselé; le résultat est rigide et élégant, tel un mouvement interrompu dans le temps. Si les sculptures de Beveridge sont d’une présence palpable, ses photogrammes Lightpool sont ancrés dans l’absence; les formes abstraites circulaires de couleur chair créées par les empreintes laissées par le verre, sont comme une trace tactile laissée derrière. 

Exploitant les objets trouvés, le travail de Reyes porte les traces mécaniques de la vie humaine et du temps qui passe, notamment sa série Sarah (2022), réalisée à partir de présentoirs de bijoux passés au soleil provenant d’une bijouterie new-yorkaise désaffectée. Photogrammes accidentels, les panneaux de velours rouge portent les empreintes délavées de chaînes, de boucles d’oreilles et autres, vestiges d’un commerce et d’un labeur révolus. Dans son installation Untitled (2022), d’imposantes courroies de tapis roulant en caoutchouc cascadent du plafond; d’un côté, on aperçoit le nom du fabricant, de l’autre, les marques et reliefs laissés par les corps et machines en mouvement. Les sculptures de Reyes sont des fossiles de l’énergie humaine: des matériaux et des objets qui ont absorbé les effets implacables de la sueur, de la force brute et de l’électricité générée, pour être ensuite jugés inutiles et, dans leur inertie, jetés.  

Dans l’installation PROMESA (2022), deux lampes identiques fusionnées par leur abat-jour fluctuent en luminosité et en vitesse, chacune représentant respectivement la consommation d’énergie en direct et les écarts électriques de Porto Rico et de Montréal. Ici, les lumières pulsées et épuisées de Reyes imagent, en temps réel, les courants corporels sous la forme de surtensions et de pénuries d’électricité. Ensemble, les sculptures de Beveridge et de Reyes manifestent une énergie contrôlée et expulsée, circulant du corps à l’objet, de l’objet au corps.

 

Pour consulter les œuvres de Gabriele Beveridge veuillez cliquer ici.
Pour consulter les œuvres de Carlos Reyes veuillez cliquer ici.

Les œuvres de Carlos Reyes sont présentées en collaboration avec Derosia, New York. Carlos Reyes, PROMESA (Laps) (2022) : Ingénierie du design par Sam Wolk.

Last Call
Commissaire : Danny Báez

16 mars – 16 avril 2022

Obi Emmanuel Agwam
Dante Cannatella
Kim Dacres
Larissa De Jesús Negrón
Azza El Siddique
Melissa Joseph
Joiri Minaya
Preston Pavlis
Bony Ramirez
Ana Villagómez
Cyle Warner
Areum Yang

Bradley Ertaskiran est ravie de présenter Last Call, une exposition commissariée par Danny Báez, et rassemblant les œuvres de douze artistes : Obi Emmanuel Agwam, Dante Cannatella, Kim Dacres, Larissa De Jesús Negrón, Azza El Siddique, Melissa Joseph, Joiri Minaya, Preston Pavlis, Bony Ramirez, Ana Villagómez, Cyle Warner et Areum Yang.

Les divers projets artistiques menés par le commissaire new-yorkais Danny Báez lui ont permis, au fil des années, de cultiver une communauté d’artistes émergent.e.s. À bien des égards, l’exposition Last Call reflète le mandat particulier de facilitateur que s’est donné Danny Báez (plutôt que celui de personne influente ou de « gatekeeper » du monde de l’art) : il est en effet convaincu que les réseaux artistiques doivent être ancrés dans la communauté plutôt que le prestige, et que les expositions doivent être fondées sur l’intégrité et le soutien mutuel. Cette focalisation sur la collaboration est radicale puisqu’elle souligne ce que le monde de l’art traditionnellement exclusif a tendance à oublier : qu’il n’est rien sans ses artistes et que les maillages invisibles de soutien tissés entre les artistes, les travailleurs culturels et leur travail doivent être encouragés et célébrés. 

Pour l’exposition Last Call douze artistes ont répondu à l’appel métaphorique de Danny Báez, proposant des œuvres profondément texturées, riches en récits et remettant en question la tradition. Dans certaines œuvres, l’art du portrait est revisité à travers le prisme de l’identité personnelle. Les peintures très stylisées de Bony Ramirez recèlent de symboles personnels, religieux et quotidiens provenant de sa jeunesse passée en République dominicaine. Le tableau d’Obi Emmanuel Agwam est un tourbillon d’images dynamiques, emplies d’humour, de joie et de fierté. Le travail de Preston Pavlis donne à voir des personnages vulnérables et émotifs à travers des coups de peinture gestuels et changeants. Quant aux collages photographiques de Joiri Minaya, leur arrière-plan décoratif, tout en camouflage, masque et révèle simultanément les personnages qui s’y trouvent. 

Ailleurs, des scènes abstraites offrent un aperçu des mondes internes des artistes ainsi que de leur environnement extérieur. Le tableau de Dante Cannatella représente un paysage en mouvement, où des figures floues sont ballottées par une force puissante. Des gestes picturaux bruts composent les scènes animées d’Areyum Yang, débordant de couleur, de marques répétitives et d’émotions. Les œuvres d’Ana Villagómez sont révélatrices de son processus de création; de nombreuses couches de fragments de peinture sont frottées, puis effacées de manière à former un tout coexistant. Surréalistes et expressives, les peintures de Larissa De Jesús Negrón dépeignent des scènes floues comportant des personnages déformés, des intérieurs et des objets tordus, un état onirique à la fois envoûtant et anxiogène.

Quant aux sculptures présentes dans l’exposition, elles renouvellent la plasticité des récits en convoquant de nouveaux matériaux. Ainsi, Kim Dacres construit soigneusement des portraits majestueux et imposants à partir de matériaux trouvés comme du caoutchouc et des pneus. Les œuvres textiles de grand format de Cyle Warner sont des assemblages de ses archives familiales; l’artiste y regroupe du tissu, de la peinture et du papier créant des sortes de vibrants drapeaux stratifiés. Azza El Sidique travaille le métal et la rouille, réimaginant les capacités d’un matériau généralement réservé aux monuments nobles en bronze ou aux édifices en fer. Les sculptures en feutre de Melissa Joseph et leurs nombreux détails donnent à voir des scènes quotidiennes de vivre-ensemble, empreintes de nostalgie, à travers lesquelles se matérialisent des personnes et des lieux.

« Last Call » est l’annonce qui signale la fermeture imminente du bar. Danny Báez nous invite à envisager ce moment non comme une fin, mais comme un rappel à regarder autour de nous et voir les personnes qui sont restées à nos côtés jusqu’à la dernière heure. Last Call propose une plongée dans l’écosystème artistique de Danny Báez où la communauté et l’interconnexion sont essentielles aussi bien dans le monde de l’art que dans la vie de tous les jours.

 

Independent

Joseph Tisiga

5 au 8 mai 2022
Spring Studios, 50 Varick Street, New York

Pour sa première participation à Independent Art Fair à New York, Bradley Ertaskiran est fière de présenter de nouvelles œuvres de Joseph Tisiga. 

Créées spécialement pour la foire, les aquarelles et œuvres mixtes de Tisiga seront en dialogue avec les perlages sur laine de sa mère, Sally Tisiga. Typiques du style narratif de Tisiga, ses scènes peintes sont riches en détails, montrant des histoires de personnages dans des contextes fantastiques nuancés d’humour et d’obscurité. Ses œuvres combinent les récits urbains et ceux des Premières nations pour réfléchir aux histoires réelles et imaginaires qui construisent les notions d’identité individuelle et collective.

Pour consulter le site de la foire, veuillez cliquer ici.

Pour consulter le profil de Joseph Tisiga, veuillez cliquer ici.

Pelures

20 janvier – 26 février 2022

Bradley Ertaskiran se réjouit de présenter Pelures, une exposition duo de Berirouche Feddal et Florence Yee. 

Puisant dans des images d’archives historiques et dans des anecdotes personnelles, Berirouche Feddal retrace ses origines amazighes en se réappropriant le passé. Bois, photographies, pages de livres et détritus sont gravés, coupés et, même brûlés, avant d’être généreusement recouverts de couleurs vibrantes. L’artiste retire et réapplique constamment des couches de matériaux : ce processus imite la manière dont la mémoire se transmet à travers les générations, telle une accumulation de fragments façonnés au fil du temps. Dans son travail multidisciplinaire, Berirouche Feddal ne se soucie guère de l’exactitude historique ou de la lisibilité de récits faciles, se concentrant plutôt à construire des passerelles entre le passé et le présent. En manipulant certains éléments, il en révèle d’autres.

La lisibilité constitue également un aspect important du travail de Florence Yee. Cantonais.e de deuxième génération, l’artiste crée des œuvres basées sur le texte bousculant les conventions réductrices du langage et de l’imagerie. Des mots sont brodés sur des photographies en coton imprimées; les peintures sont floues et déformées, de manière à supprimer les informations et à obstruer les images. Loin de privilégier les signifiants narratifs ou linguistiques, le travail de Florence Yee tend à valoriser l’indéchiffrable ou l’illisible, une posture s’appuyant, non sans provocation, sur la manière dont le langage peut être utilisé pour cantonner, exclure et effacer les communautés diasporiques.

Les mots sur les photographies imprimées de Florence Yee agissent comme une sorte de filigrane, évoquant une revendication de propriété ou un sentiment de possession, tels ceux estampés sur les images numériques diffusées en masse ou figurant sur le dos des marchandises. L’artiste nous rappelle que les cultures et les identités racisées sont elles aussi transformées en marchandises et « tokénisées » à travers l’exploitation des images et des corps au sein des espaces publics, commerciaux et virtuels.

Marquées par la minutie de leur construction, les œuvres de Florence Yee et Berirouche Feddal renvoient à  un travail approfondi et attentionné, non seulement dans le processus de création (broderie à la main chez Florence Yee et couches texturées de peinture et de pastels chez Berirouche Feddal) mais aussi dans le temps passé à dialoguer avec les images et les langages provenant de leurs héritages culturels respectifs. 

Né dans la région montagneuse de Kabylie, Algérie, l’artiste interdisciplinaire Berirouche Feddal est basé à Montréal. Son travail a été présenté à la galerie FOFA (Montréal), à la Conserverie Marrakech, à la Maison de la culture de la Rivière-des-Prairies (Montréal), et à la Stewart Hall Art Gallery (Montréal). 

Florence Yee est un.e artiste visuel.lle vivant entre Toronto et Montréal. Son travail multidisciplinaire a été présenté au Musée d’art contemporain de Toronto, au Musée des beaux-arts de l’Ontario (Toronto), au Textile Museum of Canada (Toronto) et au Gardiner Museum (Toronto). Prenant appui sur des pratiques communautaires et collaboratives dans son travail artistique, l’artiste a cofondé la Biennale de Chinatown en 2020, un projet présenté dans plusieurs sites, ayant pour but d’entamer une conversation sur l’héritage colonial et le pouvoir qui caractérisent les événements culturels internationaux.

Pour consulter les œuvres de Berirouche Feddal, veuillez cliquer ici.
Pour consulter les œuvres de Florence Yee, veuillez cliquer ici.

 

Kim Dorland, Landscapes, Colour and a Portrait

20 janvier – 26 février 2022

Bradley Ertaskiran a l’immense plaisir de présenter Landscapes, Color and a Portrait, une exposition solo du peintre canadien Kim Dorland. Ce nouveau corpus d’œuvres témoigne de l’approche expérimentale de l’artiste, construisant des scènes viscérales à partir d’une accumulation d’épaisses couches de peinture à l’huile aux pigments vibrants.

Les paysages de Kim Dorland mettent en lumière sa prédilection pour les couleurs. L’artiste explore la manière dont une teinte saturée interagit avec une autre, mêlant discordance et harmonie et installant une atmosphère singulière. Des coups de peinture blancs opulents, devenus arbres, s’empilent sur un fond rose vif bourdonnant et vibrant telle une lumière fluorescente. Une fumée sinistre tourbillonne sur un ciel orange, tandis qu’une odeur de débris roussis flotte dans l’air. Les paysages de Kim Dorland ne font pas référence à un lieu précis; ils portent sur les tensions inhérentes à l’acte de regarder, sur l’aura se dégageant de la couleur, de la profondeur et de la texture.

En dépit de l’aversion de l’artiste pour le réalisme, les œuvres de Kim Dorland témoignent tout de même des préoccupations de notre époque, capturant la transition globale en matière d’appréhension de l’urgence climatique: d’une simple inquiétude, elle est devenue une réalité tangible. Si le travail des artistes paysagistes du passé — Tom Thomson, Emily Carr, des influences majeures pour l’artiste — était de dépeindre la nature telle qu’elle est, dans toute sa majesté inaltérable, quel est le rôle des artistes peintres contemporain.e.s face aux réalités environnementales d’aujourd’hui ? Saisir les choses dans leur état de transformation, transmettre l’image saisissante d’un monde embrasé, ou documenter ce qui a été ou ce qui pourrait être?

Les effets d’un monde en transition sont implicites dans le travail de l’artiste ; les paysages de celui-ci ne sont ni un baume au cœur, ni un appel à l’action. Ils ne sont pas optimistes, mais pas non plus désespérés. Les peintures de Kim Dorland ne tentent pas d’incarner une pensée précise ou de prescrire une mission, mais représentent plutôt les préoccupations vastes de l’artiste en ces temps turbulents. 

Kim Dorland. né à Wainwright, vit et travaille à Toronto. Dorland a exposé à travers le Canada et à l’international. Il a présenté son travail dans plusieurs institutions culturelles telles que la McMichael Canadian Art Collection (Vaughan), Contemporary Calgary et le Museum of Contemporary Art Denver. Ses œuvres se trouvent dans des collections publiques telles que le Musée des beaux-arts de Montréal, le Musée d’art contemporain de Montréal, The Blanton Museum of Art (Austin), The Glenbow Museum (Calgary), Museum of Contemporary Art San Diego ainsi que de nombreuses collections privées en Europe, aux États-Unis et au Canada.

 

Pour consulter le profil de Kim Dorland, veuillez cliquer ici.

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