Carlos Reyes, Erin Shirreff, Gabriele Beveridge, Jeremy Shaw, Jessica Eaton, Jon Rafman, Marie-Michelle Deschamps, Owen Kydd

Cause à effet

24.01 – 7.03 2020
Cause à effet

La galerie Bradley Ertaskiran est fière de présenter sa toute première exposition collective en ses lieux. Cause à effet initie un dialogue entre les œuvres de huit artistes autour des notions d’autonomie propre à l’objet et de pouvoir transformatif. L’idée de l’exposition est née d’un intérêt pour les œuvres créées au fil du temps et au gré des phénomènes naturels. Ainsi, l’ombre et la lumière, les réactions chimiques et leurs empreintes ainsi que les réflexions sur la mortalité et la postérité, sont autant de concepts explorés dans le cadre de cette exposition. À cela s’ajoutent des œuvres qui évoquent une transcendance spirituelle, purgatoire virtuel et supercheries numériques qui permettent de créer des liens entre l’expérience vécue par le public, tantôt mystique, sombre, ou troublante, et les processus qui échappent au contrôle même de l’artiste. En somme, les œuvres rassemblées dans Cause à effet sont des objets qui semblent animés d’un pouvoir propre et capables d’exprimer quelque chose qui va au-delà de l’individu. Les œuvres explorent différents extrêmes. Subtiles et minuscules, les fleurs en cuivre de Marie-Michelle Deschamps ponctuent l’espace de leur délicatesse, se métamorphosant au fil de l’exposition en raison des réactions chimiques entre le cuivre et l’humidité. La vidéo de Jon Rafman, Disasters under the Sun, plonge le visiteur dans un purgatoire virtuel; ce portrait dystopique du comportement des foules et du caractère incontrôlable de celles-ci évoque une torture perpétuelle, un effet domino de destruction. Ces œuvres expriment toutes deux l’enclenchement d’un processus et demandent au public, comme c’est le cas dans l’ensemble de l’exposition, de venir compléter l’expérience de cause à effet.

Réflexion poétique sur le passage du temps, l’œuvre de Carlos Reyes s’approprie, de manière simple mais néanmoins poignante, des présentoirs de bijouteries. Avec 7129619 (3), Reyes poursuit sa démarche qui consiste à archiver des traces laissées dans des endroits inusités et à immortaliser l’esprit des lieux à travers les usages quotidiens. Le photogramme de Gabriele Beveridge est une réplique de l’objet en verre organique placé au-dessus; la forme libre de la photographie et de celle du verre sont dictées par l’exposition et par la gravité. Chacune des formes devient une approximation de l’autre et questionne ainsi la prévalence de l’objet et de sa représentation visuelle. Les photographies temporelles d’Owen Kydd proposent au public des images d’apparence immobiles mais dont l’observation minutieuse permet de déceler l’animation subtile. Kydd insuffle un étrange sentiment de présence à des environnements autrement immobiles et anodins. Le passage du temps et les effets de la lumière naturelle et artificielle sont des éléments intrinsèques au processus de création des cyanotypes d’Erin Shirreff. Ces portraits, exposés sur des pages de livres arrachées et représentatives de sculptures figuratives, poursuivent l’exploration de l’artiste sur la vie des objets au moyen d’images et jette une ombre sur les figures en y doublant leurs contours. Jeremy Shaw utilise une image d’archive d’une personne qui signe le mot esprit en langage des signes; l’artiste rehausse l’image en y superposant un vitrage prismatique qui confère à l’œuvre un effet psychédélique. Les photographies de Jessica Eaton quant à elles, sont réalisées à l’aide d’expositions photographiques analogues répétées d’une extrême précision permettant d’obtenir des images de couleur et de lumière. Pourtant, elle n’a pas le contrôle du résultat final: « J’ai choisi de mettre en place les éléments de façon à plutôt établir une conversation avec l’univers, de cette manière, je donne une voix aux variables extérieures comme les forces, la science ou le hasard » [1] .

Les œuvres de Owen Kydd, Carlos Reyes et Jeremy Shaw sont présentées respectivement en collaboration avec Monte Clark Gallery, Bodega, et Macaulay & Co. Fine Art.

GABRIELE BEVERIDGE (née en 1985, Hong-Kong) détient une maîtrise en beaux-arts de la Slade School of Fine Art (Londres, GB) et un baccalauréat en Photographie de Falmouth College of Arts (Falmouth, GB). Elle a présenté des expositions solos à FREEHOUSE (Londres, GB); Seventeen Gallery (Londres, GB); Frieze Focus Londres avec CHEWDAY’S; Deweer Gallery (Otegem, BE); MOT International (Bruxelles, BE); Zabludowicz Collection (Londres, GB) ainsi qu’à La Salle de bains (Lyon, FR). Beveridge a également participé à de nombreuses expositions collectives internationales notamment à NıCOLETTı (Paris, FR); Emalin (Londres, GB); Off Vendome (New York, US); Galerist (Istanbul, TR); Galería Agustina Ferreyra (San Juan, PR); Glasgow International (Glasgow, GB); Hayward Touring (Londres, GB); Yancey Richardson Gallery (New York, NY) et au Arnhem Museum of Modern Art (Arnhem, NL).

MARIE-MICHELLE DESCHAMPS (née en 1980, Montréal, QC) vit et travaille à Montréal, QC. Elle détient une maîtrise en arts visuels de la Glasgow School of Art. Elle a exposé à la Fonderie Darling (Montréal, QC), Ausstellungraum Klingenthal à Bâle (Suisse), Musée d’art moderne de Luxembourg (Luxembourg), Occidental Temporary à Paris (France) et la Galerie de l’UQO (Gatineau, QC). Le travail de Marie-Michelle Deschamps se retrouve dans les collections permanentes du Musée Voorlinden (Pays-Bas); de Lafayette Anticipations – Fondation d’entreprise Galeries Lafayette (France); de la Glasgow School of the Arts Library (Écosse); et de la Collection Banque Nationale (Canada). Ses oeuvres figurent également dans de nombreuses collections privées en France, au Canada, en Italie, en Grande-Bretagne et en Suisse. 

JESSICA EATON (née en 1977, Régina, SK) a reçu son diplôme de la Emily Carr University of Art + Design de Vancouver (B.C.). Elle a exposé au Photo Festival à Miyota (Japon), California Museum of Photography (Riverside, CA), au MOCA Cleveland (Cleveland, OH), à la Photographers’ Gallery à Londres (Londres, GB), à la Foam Fotografiemuseum (Pays-Bas), à la Triennale québécoise du Musée d’art contemporain de Montréal (Montréal, QC) et à la Biennale de photographie de Daegu (Corée du Sud). Jessica Eaton a reçu le Guggenheim Fellowship en 2019.

OWEN KYDD (né en 1975, Calgary, AB) est détenteur d’un baccalauréat en beaux-arts de Simon Frasier University (Vancouver, B.C.), et d’une maîtrise en beaux-arts de UCLA (Los Angeles, CA). Owen Kydd vit et travaille à Los Angeles (CA). Il a présenté ses œuvres dans le cadre de nombreuses expositions individuelles et collectives notamment à la Art Gallery of Ontario (Toronto, ON), au Musée des beaux-arts de Montréal (Montréal, QC), et au International Center of Photography (New York, NY). Les oeuvres de Kydd sont dans les collections publiques du Metropolitan Museum of Art (New York, NY), du SFMOMA (San Francisco, CA), du Hammer Museum (Los Angeles, CA), de la Vancouver Art Gallery (Vancouver, B.C,), et du Albright-Knox Museum (Buffalo, NY).

JON RAFMAN (né en 1981, Montréal, QC) vit et travaille à Montréal, QC. Il détient un MFA de la School of the Art Institute of Chicago. Son travail a été présenté au New Museum (New York, NY), au Palais de Tokyo (Paris, France), au Stedeljik Museum (Amsterdam, Pays-Bas), à la Saatchi Gallery (Londres), à la K11 Art Shangaï (Chine), à la Biennale de Berlin 9 (Allemagne), à la Biennale européenne Manifesta 11 à Zürich (Suisse) et la Biennale de Venise (Italie). L’artiste a été finaliste au Sobey Art Award en 2015 et en 2018. En 2014, il a été nominé pour le prestigieux Future Generation Art Prize et a également été lauréat du Prix Pierre-Ayot en 2015. Jon Rafman aura une exposition solo au Hirshhorn Museum (Washington D.C.) en 2020.

CARLOS REYES (né en 1977, Chicago, IL) vit et travaille à New York (NY). Il a reçu une maîtrise en beaux-arts de New York University (NY). Il a participé à de nombreuses expositions institutionnelles dont White Flag Projects (St. Louis, MO); the CCS Hessel Museum of Art (Annandale-on-Hudson, NY); and Futura Center for Contemporary Art (Prague, Czech Republic). Il exposé à la Galerie Joseph Tang (Paris, France); Arcadia Missa (London, UK); Bortolami (New York, NY); Croy Nielsen (Berlin, Germany); Jan Kaps (Cologne, Germany); and Tanya Leighton (Berlin, Germany).

JEREMY SHAW (né en 1977, Vancouver, B.C.) est diplômé en arts visuels de l’Emily Carr Institute of Art and Design de Vancouver. En 2016, il a obtenu le prestigieux Prix Sobey pour les arts. Son travail a notamment été présenté dans le cadre d’expositions solos au MoMA PS1 (New York, NY), au Schinkel Pavillon (Berlin, Allemagne), au MOCA (Toronto, ON), à la Tate Modern (Londres, GB) et au Musée des beaux-arts de Montréal (Montréal, QC). Il a également exposé à la 57e Biennale de Venise (Italie). Les œuvres de Shaw font partie des collections publiques du Museum of Modern Art (New York, NY), du Centre Pompidou (Paris, France), du Tate Modern (Londres, GB) et du Musée des beaux-arts du Canada (Ottawa, ON).

ERIN SHIRREFF (née en 1975, Kelowna, B.C), vit et travaille à Montréal, QC. Elle détient un baccalauréat en beaux-arts de l’Université de Victoria (B.C.) et une maîtrise en beaux-arts (sculpture) de Yale University School of Art (New Haven, CT). Son travail a récemment été présenté au SFMOMA (San Francisco, CA), au Palazzo De’Toschi (Bologne, Italie), au Contemporary Arts Center (New Orleans, LA), à Sikkema Jenkins & Co. (New York, NY), à la Fonderie Darling (Montréal, QC); à la Kunsthalle Basel (Bâle, Suisse), et au KANAL-Centre Pompidou (Bruxelles, Belgique). Le travail de Shirreff se retrouve, entre autres, dans les collections permanentes du Metropolitan Museum of Art (New York, NY), du Centre Pompidou (Paris, France), du Los Angeles County Museum of Art (Los Angeles, CA); du Museum of Modern Art (New York, NY), et du Museum of Contemporary Art (Chicago, IL).


[1] Twerdy, Saelan, The Visionary: Jessica Eaton’s Alternate Reality, BlackFlash, 29 avril, 2019