Sonya Derviz

Hover

22 janvier – 07 mars 2026
Hover

Du 22 janvier au 7 mars 2026
Vernissage : jeudi 22 janvier, 17h à 20h

Bradley Ertaskiran est ravie de présenter Hover, une exposition solo de l’artiste londonienne Sonya Derviz, proposant une nouvelle série de peintures célébrant le potentiel de l’incertitude.

À première vue, les abstractions amorphes et déstructurées de Derviz semblent avoir pris vie sans intervention, comme si elles étaient apparues par enchantement. Pourtant, leur apparence éthérée qui captive au premier abord est le résultat d’innombrables traces superposées, fruit d’une méthode laborieuse et stratégique qui ne fait pas de la visibilité sa priorité. Les images de référence, assemblées intuitivement comme guides discrets pour la composition globale, sont choisies non pas pour leur clarté représentative, mais pour leur capacité à éclairer une scène avant de s’estomper. Les structures sous-jacentes des peintures sont tracées au fusain, puis disparaissent à mesure que les œuvres s’achèvent : Derviz applique plusieurs couches de peinture à l’huile semi-transparente, créant ainsi des mondes sans bornes ni frontières. L’accumulation de ces surfaces translucides structure le tableau tout en laissant place à d’heureux imprévus. De ce terrain mouvant émergent des masses lourdes et des ombres vaporeuses, des formes qui semblent muter en fonction de leur environnement. Derviz maîtrise toute une gamme d’effets atmosphériques, produisant une coexistence désorientante entre lourdeur et légèreté.

À une époque d’hypervisibilité, où les images sursaturées prolifèrent à l’infini, faisant disparaître les distinctions entre le réel et le fictif, les peintures de Derviz affirment la valeur de ce qui reste invisible. La peinture a longtemps été un médium d’illusions, mais ici, l’illusion n’est pas un spectacle d’apparences trompeuses, mais un processus lent et attentif qui cultive une incertitude productive et poétique, remettant en question tant ce que nous voyons que la façon dont nous habitons le monde. Les visages et les silhouettes hésitent à se révéler. Un visage est-il toujours un visage s’il ne se rattache pas à une identité connue ? Les scènes de Derviz ne donnent pas de réponses. En refusant le confort de la précision et de la lisibilité, et en privilégiant l’opacité à l’exposition, les œuvres remettent en question l’hypothèse selon laquelle la visibilité équivaut à la vérité, suggérant plutôt que l’ambiguïté offre un espace de réflexion, d’attention et d’émerveillement.

Les scènes brumeuses de Derviz sont imprégnées à la fois de méfiance et de curiosité, comme si quelque chose se déroulait à la limite de notre champ de vision immédiat. Confrontés à cet état de non-savoir, de non-vision, nous éprouvons un malaise. Nous aspirons à la clarté, à percer le voile vaporeux à la recherche d’un élément direct et simple auquel nous raccrocher. L’absence de repères est déconcertante et nous remplit ultimement d’humilité, nous rappelant que la précision et la cohérence ne sont pas des indicateurs irréfutables de la réalité. Les œuvres de Derviz se révèlent à ceux qui prennent le temps de les observer, surtout à ceux prêts à chercher sans savoir exactement ce qu’ils recherchent.

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