Public House
13 mars – 03 mai 2025
Bradley Ertaskiran a le plaisir de présenter, Public House, une exposition solo de nouvelles peintures de Margaux Williamson.
Dans les peintures de Margaux Williamson, des fragments de vie romantiques sont disséminés sur la toile : des canettes de bière, une forêt sombre, une rivière noire, parfois flous, parfois nets, conférant aux tableaux un effet richement chaotique. En regardant l’assemblage d’objets en apparence désarticulés de Williamson, nous semblons nous mettre en travers de notre propre chemin, tentant d’instaurer un ordre, de raviver un souvenir ou d’évoquer une intrigue. Mais il n’y a pas d’histoires à raconter. Ces objets peints ne sont pas les siens, contrairement à ceux d’une pie qui collectionne ses trophées. Et ils ne sont pas les nôtres non plus, car ils ne sont pas rattachés à nos réalités, qu’elles soient visuelles, narratives ou autres. Ce qui est mis de l’avant, c’est le caractère pictural du tableau : la planéité des toiles, leur rigidité.
Williamson joue avec les limites du cadre, passant d’une perspective à l’autre ; les plans asymétriques et les surfaces obliques créent la sensation d’être suspendu entre plusieurs points de vue. Elle peint ce qui l’entoure, d’un jour à l’autre. Une des toiles est centrée sur une fenêtre dans une cour ; c’est à la fois le jour et la nuit, nous sommes à la fois à l’intérieur et à l’extérieur. Comment sommes-nous arrivés là ?
Ces choix révèlent la fascination de Williamson pour le temps : comment décrire l’eau sans lui associer des mesures spatiales et temporelles ? Sans les lueurs du soleil sur un ruisseau, ou le faible bourdonnement d’une piscine ininterrompue, sans le pouls d’une marée montante et descendante ? Peut-être de simples bouts d’eau feront l’affaire.
Ses peintures suivent leurs propres règles ; elles insistent sur leur propre chronologie et leur propre chemin, conservant des échos de leur passage dans de nombreux espaces sans se limiter à aucun d’entre eux. Il ne s’agit pas seulement d’un monde qui est chamboulé, mais de plusieurs mondes à la fois. On pourrait être tenté de relier ces moments suspendus en un ensemble cohérent, mais les œuvres nous offrent une autre possibilité : le repos et l’abandon dans l’absence glorieuse, déconcertante et émouvante du temps linéaire.
Margaux Williamson (née en 1976 à Pittsburgh, États-Unis), est une artiste basée à Toronto qui a obtenu son baccalauréat en beaux-arts à Queen’s University et à la Glasgow School of Art. Ses œuvres ont été présentées dans des expositions solos à White Cube (Hong Kong), à la Fondation Esker (Calgary) et à la Galerie d’art de Thunder Bay, ainsi que lors d’expositions de groupe à Bradley Ertaskiran (Montréal), Goldfinch (Chicago), James Cohan (New York). Williamson présentera une exposition individuelle au MOCA de Toronto au printemps 2025. Son travail figure dans les collections du Musée des beaux-arts du Canada (Ottawa), de la McMichael Canadian Art Collection (Kleinburg), du Musée des beaux-arts de Montréal, de la Bruce Bailey Collection, de la fondation Longlati (Shanghai), du Musée Tumurun (Indonésie), et de la fondation Australia China Art. Son premier livre de peintures, I Could See Everything, a été publié par Coach House Press en 2014, en parallèle à des expositions à la Galerie Mulherin+Pollard (New York), et à la Galerie Frith Street (Londres). Williamson a également réalisé un long-métrage, Teenager Hamlet, qui a été présenté en avant-première au Festival International du film de Toronto et est archivé sur UbuWeb. Sa pratique a été couverte par Frieze, Artforum, le New York Times, Momus, Ocula, The Believer, Vogue entre autres.
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