David Armstrong Six

lie down with holograms

13 mars – 03 mai 2025
lie down with holograms

« Le désir conduit trop souvent à l’indétermination » — Rainer Maria Rilke

Pour sa première exposition personnelle à Bradley Ertaskiran, David Armstrong Six présente un nouveau corpus de sculptures intégralement réalisées en bois de tilleul et en bois de tilleul brûlé.

Les œuvres procèdent d’un travail d’atelier fondé sur une approche intuitive et expérimentale et déployé jour après jour au cours des quatre dernières années, selon une trajectoire que l’artiste désigne comme un « arc conceptuel ininterrompu ».

Le dessin et l’écriture servent souvent d’amorce à des séances de « répétitions » spéculatives en atelier, à travers lesquelles l’artiste explore les notions de geste, de sérialité, de mutabilité et de perception. Cette recherche singulière – et non sans caprice – s’élabore, prend forme et se cristallise dans la durée. La sculpture finale est une construction de la « mémoire musculaire », mais aussi une capitulation de l’artiste face à celle-ci.

Les références d’une telle démarche se situent, par exemple, dans la chorégraphie postmoderne de Merce Cunningham : en se fiant aux ressorts profondément enracinés chez les danseurs de la mémoire corporelle des mouvements, Cunningham pouvait composer des séquences complexes, d’apparence parfois aléatoire, mais exécutées avec fluidité et précision. Autre point de repère : les expériences photographiques d’Étienne-Jules Marey, dont l’étude des mouvements de l’air à la fin du XIXe siècle s’est méthodiquement appuyée sur la propulsion de fumée dans des tunnels aérodynamiques.

L’artiste qualifie ses sculptures autoportantes et murales de « flux et courants doués d’une vie propre, qui peuplent un livre du désir ouvert à tous vents ». Tel un écrin scénographique dans la galerie principale, l’exposition lie down with holograms produit un scénario malléable qui nous invite à nous plonger dans une autre dimension, générée par l’interaction des interférences entre des longueurs d’onde, des phénomènes d’apparition et le jeu empirique. Il n’y a ici aucun symbolisme prédéterminé ou point de vue privilégié. Au contraire, les sculptures se révèlent graduellement, pas à pas, un relief à la fois, de manière tout à la fois individuelle et collective, comme une matière embryonnaire, en perpétuel devenir.

—Adapté de l’anglais par J.-Y. Han

Pour consulter le profil de l’artiste, veuillez cliquer ici.

L’artiste tient à remercier chaleureusement Iliana, Léa, Aimée, Ji-Yoon, Patti, Maude, Julia, Zena, Tony, Patrick, Scott, James, Abbas, Eli, et Tim. Bradley Ertaskiran est ravie de présenter ce nouveau corpus d’œuvres audacieuses et provocantes, dans ce qui constitue la première exposition personnelle de l’artiste depuis Night School en 2019 à la Fonderie Darling.