Elle
21 mai – 04 juillet 2026
21 mai au 4 juillet 2026
Vernissage: jeudi 21 mai, 17h à 20h
L’exposition Elle de David Altmejd insuffle un élan irréfutable, une énergie qui se propage et se transforme. Centré sur des manifestations d’énergie féminine puisées au plus profond de l’artiste, ce nouveau corpus d’œuvres ambitieux voit Altmejd manipuler et multiplier la matière avec une intensité renouvelée, à travers de nouvelles figures grandeur nature, des sculptures de têtes et de bronze, et des dessins. Ces créations s’imposent, avant tout, par la vivacité de leur propre existence — une vitalité née des mains qui les ont façonnées. Les formes de vie qui en résultent sont à la fois indomptées et rigoureuses, mortelles et cosmiques, forgées et vivantes.
Tout au long de l’exposition, l’éthéré se fait chair, là où le moi corporel et son essence immatérielle se rejoignent. Comme dans la pratique plus large d’Altmejd, des combinaisons improbables d’éléments organiques et non organiques — plâtre, résine, cheveux, quartz — sont manipulées à des fins audacieuses, révélant des moments de surprise et de délectation, y compris pour l’artiste lui-même. Des motifs mythiques récurrents, comme le loup-garou, le cygne et le lapin, viennent mettre en évidence les notions d’imprévisibilité et de transformation centrales à l’éthos d’Altmejd. Une attention dévorante aux détails et un processus intuitif traduisent la profonde révérence de l’artiste pour la constitution des mondes intérieur et extérieur — comme si modeler, sculpter et assembler étaient des actes aspirant à dénouer les mystères de la psyché jusqu’aux vastes étendues des royaumes terrestres et célestes. Une figure imposante et stoïque se dresse, les bras grands ouverts, telle la divinité omnisciente d’un futur spéculatif ou d’un passé ancestral, son ventre abritant une cavité profonde et sombre, une entrée vers les origines du monde. Entièrement revêtue d’argent, fruit d’un procédé chimique expérimental, sa surface se compose également de motifs complexes évoquant des voies ou des canaux; elle semble animée par des conduits reliant chaque partie à la suivante.
Bien que le mouvement et la répétition aient longtemps fait partie de la démarche de l’artiste, la multiplication comme outil technique et conceptuel occupe ici une place marquante ; des êtres sculptés s’érigent à partir de rangées accumulées et répétées de mamelons, d’oreilles et d’autres armatures, fabriquées à la main ainsi qu’à la machine, qui s’accroissent vers l’extérieur et vers le haut avec une ténacité incontrôlable et surnaturelle. D’une itération à l’autre, ces chaînes de fragments corporels répétés ondulent et se transforment de manière quasi imperceptible, jusqu’à ce que, à un certain seuil, elles déraillent. L’ordre finit par éclater. Cette matrice parfaite accumule la pression jusqu’à la rupture, révélant une énergie chaotique latente depuis toujours. Une grande figure, en équilibre sur des rangées clonées de jambes et de chaussures à talons, ricane à la lune avec une tête de loup déformée, semblant gagner en puissance à mesure qu’elle grandit et se multiplie. Cette coexistence palpable du chaos et de l’ordre imite les constituants fondamentaux de la matière elle-même, tendant simultanément vers l’organisation et la dissolution.